La mort en chair et en os

Spectacle de Contes – La mort en chair et en os

Avec Alix Noble-Burnand, le conte revient à sa plus simple expression : la veillée. Pas la réunion mortelle entre gens bien, ni le par-coeur virtuose, ni le solo ripoliné sans fausses notes. La conteuse vaudoise vise la veillée qui réveille, qui réjouit, qui tisse des liens entre les gens, le passé, le présent. Bref, la veillée, comme on improvise du free jazz.

La mort se laisse-t-elle conter ? Sans aucun doute. Avec son vécu tout personnel, son expérience d’enseignante, son master en soins palliatifs et sciences de la mort, avec ses écrits aussi, Alix Noble-Burnand est connue en Suisse et jusque dans l’au – delà (ou presque), comme une spécialiste du deuil. Et les publics en redemandent. « Jamais, depuis 15 ans que je raconte autour de ce thème, je n’ai reçu autant d’invitations que cet automne. Le tabou de la mort tombe enfin comme avant lui le tabou du sexe et demain peut-être, celui des origines ou de la foi… » explique-t-elle. « Quand, en 1982, Bernard Crettaz, l’anthropologue avec qui j’ai beaucoup travaillé, a fondé sa société de thanatologie, on le traitait de fou ! ».

La veillée « En chair et en os » donne la parole aux quatre principales figures de la mort en Occident dont cette bringue de Grande Macabre aux allures de vampire en manque, très en vogue cette saison. Mais il n’y en aura pas que pour elle. Les trois autres sont aussi de sacrées faucheuses qui débarquent sans rendez-vous. Tout faux pas est fatal. Sauve qui peut et, justement, le conte peut beaucoup.

Ariane Racine, Association paroles.

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